Contrat de location maison : types, clauses obligatoires et modèles gratuits à télécharger

Le contrat de location maison varie selon le type de bail choisi et la loi applicable.

  • Bail vide : 3 ans, dépôt de garantie 1 mois.
  • Bail meublé : 1 an, préavis locataire 1 mois.
  • Bail mobilité : de 1 à 10 mois, sans dépôt.
  • Bail étudiant : 9 mois, non renouvelable.
  • Durée personne morale : 6 ans pour un bail vide.

Les différents types de contrat de bail

Type de bail Durée minimale Préavis locataire Dépôt de garantie max
Bail vide (personne physique) 3 ans 3 mois 1 mois hors charges
Bail vide (personne morale) 6 ans 3 mois 1 mois hors charges
Bail meublé 1 an 1 mois 2 mois hors charges
Bail étudiant 9 mois 1 mois 2 mois hors charges
Bail mobilité de 1 à 10 mois 1 mois Interdit
Bail commercial 9 ans 6 mois (fin de triennale) Libre (usage)

Le bail vide, le contrat de référence

Le bail vide concerne un logement non meublé destiné à la résidence principale. Sa durée minimale est de 3 ans lorsque le bailleur est une personne physique, et de 6 ans s’il s’agit d’une personne morale. Le locataire peut partir à tout moment avec un préavis de 3 mois, réduit à 1 mois en zone tendue. Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges.

Le bail meublé et le bail étudiant

Le bail meublé porte sur un logement équipé des éléments de mobilier obligatoires. Sa durée minimale est de 1 an, avec un préavis de 1 mois pour le locataire et un dépôt de garantie plafonné à 2 mois hors charges. Le bail étudiant est une variante de 9 mois, non renouvelable, adaptée au rythme universitaire.

Le bail mobilité et la colocation

Créé par la loi Élan, le bail mobilité dure de 1 à 10 mois et s’adresse aux salariés en mission, étudiants en stage ou personnes en formation. Aucun dépôt de garantie ne peut y être exigé. La colocation peut prendre la forme d’un bail unique ou de baux individuels : en cas de clause de solidarité, celle-ci cesse 6 mois après le départ du colocataire sortant.

Le bail commercial, un régime distinct

Le bail commercial relève d’une réglementation spécifique. Sa durée minimale est de 9 ans, avec une résiliation triennale possible moyennant un préavis de 6 mois. Le bail professionnel, lui, est conclu pour 6 ans minimum. Ces deux contrats ne sont pas soumis au modèle-type de la loi du 6 juillet 1989.

Clauses obligatoires, interdites et abusives du contrat de location

contrat de location maison

Les clauses obligatoires et mentions légales imposées

L’article 3 de la loi du 6 juillet 1989 fixe la liste des mentions qui doivent figurer dans tout bail d’habitation. Un contrat qui omet l’une de ces clauses reste valable, mais le bailleur s’expose à des difficultés pour faire appliquer ses droits.

  • Identité des parties : nom, domicile du bailleur et du locataire, dénomination sociale si personne morale
  • Identifiant fiscal du logement : 13 chiffres, obligatoire depuis le 1er janvier 2024
  • Montant du loyer hors charges : somme due, date de paiement et indexation sur l’IRL

D’autres mentions complètent ce socle : la description précise du logement (type, adresse, nombre de pièces), le montant du dépôt de garantie (plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide, 2 mois pour un meublé), la durée du bail et ses conditions de renouvellement, ainsi que les travaux réalisés depuis moins de six mois le cas échéant.

Le modèle-type issu du décret n° 2015-587 s’impose depuis le 1er août 2015 à tous les baux signés, dans le cadre de la loi Alur de 2014. Le garant, lui, ne signe pas le bail : son engagement figure dans un acte de cautionnement séparé.

Les clauses interdites et abusives frappées de nullité

Certaines clauses sont nulles de plein droit, c’est-à-dire réputées non écrites, même si le locataire les a acceptées en signant. Le bailleur ne peut ainsi imposer une assurance auprès d’un assureur choisi par lui, exiger un prélèvement automatique du loyer, ni prévoir des pénalités de retard supérieures à celles prévues par la loi.

La clause résolutoire doit rester cantonnée à quatre cas limitatifs : défaut de paiement, absence de dépôt de garantie, non-respect de l’assurance obligatoire et trouble de jouissance. Toute clause qui élargit cette liste est abusive. Ces dispositions protègent directement le locataire, qui conserve ses droits malgré une rédaction défavorable.

La durée du contrat de location selon le type de bien

La durée du bail n’est pas libre : elle dépend du type de logement et de la nature du bail signé. Un bailleur particulier ne peut pas imposer une durée plus courte que celle prévue par la loi pour une résidence principale.

  • Bail vide : 3 ans minimum si le bailleur est une personne physique, 6 ans s’il s’agit d’une personne morale.
  • Bail meublé : 1 an minimum, renouvelable par tacite reconduction.
  • Bail mobilité : de 1 à 10 mois, sans renouvellement possible.
  • Bail étudiant : 9 mois fixes, non renouvelable en l’état.
  • Reconduction tacite : automatique à l’échéance, sauf congé notifié dans les délais légaux.
  • Bail réduit : possible pour motif familial ou professionnel justifié.

Les modèles de contrat de location maison gratuits (PDF, Word, formulaire)

Pour rédiger un bail conforme, le plus simple est de partir du modèle-type fixé par le décret n° 2015-587. Ce document s’impose à tous les baux d’habitation signés depuis le 1er août 2015, dans le cadre de la loi Alur qui a instauré ce contrat type obligatoire dès 2014. Il est téléchargeable gratuitement sur Légifrance, en version logement vide et logement meublé, aux formats PDF et Word.

De nombreux sites proposent aussi un formulaire en ligne à remplir, avec remplissage automatique des clauses et génération du PDF. Certains services vont plus loin avec la signature électronique, facturée à partir de 19,50 €, un bail numérique reconnu par la norme eIDAS et créé par la loi Élan de 2018.

Attention toutefois : un modèle Word trouvé au hasard peut être obsolète. Vérifiez toujours qu’il intègre les mentions obligatoires à jour, comme l’identifiant fiscal du logement (13 chiffres) exigé depuis le 1er janvier 2024, ainsi que la notice d’information obligatoire. En cas de doute, préférez le modèle officiel, seul garant d’une conformité totale à la loi du 6 juillet 1989.

Comment rédiger un contrat de bail conforme à la loi

Le modèle-type défini par le décret n° 2015-587 structure la rédaction du bail d’habitation. Sa conformité est exigée pour tout bail signé depuis le 1er août 2015. Un oubli de mention obligatoire expose le bailleur à une requalification du contrat ou à l’irrecevabilité de certaines clauses devant le juge.

Les 8 rubriques obligatoires du modèle-type

Le contrat doit reprendre fidèlement les rubriques suivantes :

  • Parties au contrat : identité, domicile et dénomination sociale du bailleur personne morale
  • Description du logement : type, adresse, nombre de pièces, identifiant fiscal à 13 chiffres
  • Loyer et charges : montant hors charges, mode de paiement, IRL applicable
  • Dépôt de garantie : plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide
  • Durée et reconduction : avec la date de prise d’effet et les conditions de renouvellement
  • Diagnostics techniques : annexés au bail avant signature
  • Clauses particulières : colocation, travaux, animal domestique
  • Signatures : paraphe de chaque page et nombre d’exemplaires

Erreurs de rédaction à éviter et plafonds à respecter

Une clause abusive est réputée non écrite. Il en va ainsi d’une assurance imposée par le bailleur ou d’un mandat de prélèvement automatique obligatoire.

Certains plafonds doivent être respectés à la lettre : le dépôt de garantie ne peut pas dépasser 2 mois de loyer hors charges en meublé. Les frais d’agence sont encadrés à 12 €/m² en zone très tendue, 10 €/m² en zone tendue et 8 €/m² sur le reste du territoire.

Le bailleur personne morale doit également vérifier que la durée du bail correspond à son statut, sous peine de nullité. Chaque partie conserve 2 exemplaires minimum, un pour le bailleur, un pour le locataire.

Les documents et annexes à joindre au contrat de bail

Un bail conforme ne se limite pas au contrat signé. Vous devez y annexer la notice d’information prévue par arrêté, ainsi que le dossier de diagnostics techniques (DDT). Celui-ci regroupe le DPE, le diagnostic plomb (CREP) pour les logements construits avant 1949, l’amiante si le permis de construire est antérieur au 1er juillet 1997, et les diagnostics électricité et gaz lorsque les installations ont plus de 15 ans.

Pensez également à joindre les extraits du règlement de copropriété (destination de l’immeuble, millièmes) et le DAPP pour l’amiante des parties privatives. Côté locataire, une attestation d’assurance risques locatifs est exigée à la remise des clés, tout comme l’état des lieux d’entrée, établi contradictoirement et annexé au contrat.

Le locataire doit aussi recevoir la notice d’information relative aux droits et obligations, sans quoi le bailleur risque une amende. En copropriété, joignez la fiche synthétique si elle existe. Enfin, pensez à 2 exemplaires minimum, un pour chaque partie.

FAQ : questions fréquentes sur le contrat de location

Un bail et un contrat de location désignent-ils la même chose

Oui, bail et contrat de location sont deux termes juridiquement synonymes. Le bail est le nom officiel du document signé entre le bailleur et le locataire pour une maison ou un appartement.

Le contrat de location doit-il obligatoirement être écrit

Oui, un bail d’habitation doit être écrit et signé par les deux parties. Un bail verbal reste valable mais expose chacune des parties à des difficultés de preuve en cas de litige.

Combien d’exemplaires du bail faut-il prévoir à la signature

Prévoyez un exemplaire pour le locataire et un pour le bailleur, soit deux originaux signés. Un troisième est utile si une caution ou un garant signe également le contrat.

Quelles règles de préavis s’appliquent en zone tendue

En zone tendue, le préavis du locataire est réduit à un mois au lieu de trois. Le bailleur qui donne congé doit respecter un préavis de trois mois, sauf cas particuliers prévus par la loi.

La cotitularité du bail est-elle automatique entre époux et pacsés

Oui, pour les époux, la cotitularité est automatique pour le logement de la famille. Pour les pacsés, elle s’applique aussi au logement commun depuis la loi du 23 novembre 2018.

Un bail verbal protège-t-il le locataire selon la loi de 1989

Oui, la loi du 6 juillet 1989 s’applique même sans écrit. Le locataire reste protégé, mais l’absence de bail écrit complique la preuve du loyer, de la durée et des obligations de chacun.