Peut-on interdire les animaux dans une location ? Le cadre légal en 2025

En résidence principale, le propriétaire ne peut pas interdire les animaux de compagnie.

  • Une clause sans animaux est réputée non écrite.
  • La protection vaut pour une location vide ou meublée.
  • Le bail code civil et la résidence secondaire échappent à la règle.
  • Les chiens d’attaque de 1ère catégorie restent interdits.
  • Les chiens de 2ème catégorie exigent un permis de détention.
  • Les espèces venimeuses sont interdites de détention.

Peut-on interdire les animaux dans une location ? Ce que dit la loi

La clause sans animaux est réputée non écrite en résidence principale

La loi du 9 juillet 1970, en son article 10, protège le locataire qui souhaite vivre avec un animal de compagnie. Concrètement, une clause « sans animaux » insérée dans un bail d’habitation est réputée non écrite. Autrement dit, elle est juridiquement inexistante : le propriétaire ne peut ni la faire appliquer, ni expulser le locataire pour ce motif.

Ce cadre concerne la résidence principale, qu’il s’agisse d’une location vide ou meublée. Peu importe que le logement soit en copropriété ou individuel : la règle reste identique. Et le sujet touche beaucoup de monde, puisque 6 Français sur 10 possèdent un animal de compagnie.

Ce que garantit la loi du 6 juillet 1989 au locataire

La loi du 6 juillet 1989 conforte cette protection en garantissant au locataire la jouissance paisible des lieux. En voici les conséquences pratiques :

  • Jouissance paisible garantie : le propriétaire ne peut restreindre l’usage normal du logement.
  • Location vide ou meublée : la même règle s’applique dans les deux cas.
  • Bail code civil exclu : ce régime dérogatoire n’est pas couvert par la protection.
  • Résidence secondaire non couverte : le propriétaire y reste libre d’interdire les animaux.

Retenez donc l’essentiel : dans un bail d’habitation classique, le propriétaire ne peut pas interdire les animaux. Seuls les régimes spécifiques (bail code civil, résidence secondaire) échappent à cette protection.

Quelles sont les exceptions ? Chiens dangereux et cas particuliers

peut on interdire les animaux dans une location

La règle de la clause sans animaux réputée non écrite connaît plusieurs tempéraments. Certains animaux sont tout simplement interdits en location, et certaines situations permettent au bailleur de refuser un animal de manière tout à fait légale.

Chiens d’attaque et chiens de garde

Les chiens de 1ère catégorie, dits chiens d’attaque, sont interdits par le bail. On y trouve notamment le Mastiff et le Staffordshire terrier, plus connu sous le nom de Pitbull. Pour ces animaux, le propriétaire peut légitimement refuser la location.

Les chiens de 2ème catégorie, dits chiens de garde, restent autorisés, mais leur détenteur doit être titulaire d’un permis de détention délivré par la mairie. Le bailleur peut exiger la présentation de ce document avant la signature du bail.

NAC et espèces réglementées

Tous les nouveaux animaux de compagnie ne sont pas logés à la même enseigne. L’arrêté du 11 août 2006 fixe la liste des espèces réellement domestiques. Certains NAC comme les serpents venimeux ou les boas constricteurs sont purement et simplement interdits de détention.

  • NAC soumis à déclaration préfectorale : certificat de capacité souvent exigé
  • Espèces venimeuses : détention interdite, donc interdites en location
  • Résidences étudiantes : animaux fréquemment exclus par le règlement intérieur

Dans une résidence collective étudiante, le règlement intérieur peut prévoir une interdiction pure et simple des animaux. Ce cas de figure reste l’une des rares exceptions pleinement opposables au locataire.

Location saisonnière : un régime juridique différent

Pour une location saisonnière, meublé de tourisme ou résidence secondaire, la règle change complètement. La loi du 22 mars 2012 (article 96) autorise le propriétaire à interdire les animaux dans ce type de logement. Cette exception a été créée après une décision de la Cour de cassation qui avait donné raison à l’association 30 millions d’amis, avant d’être annulée par le législateur.

L’interdiction doit toutefois être clairement mentionnée au contrat ou dans l’annonce. Une clause « sans animaux » est donc pleinement valable ici, contrairement au bail de résidence principale.

Ce régime distinct s’explique par la durée courte du séjour et l’usage touristique du bien. Le locataire qui réserve malgré cette mention s’expose à un refus d’accès ou à l’annulation de la réservation, sans pouvoir invoquer la protection du bail d’habitation.

Obligations du locataire : dégâts et troubles de voisinage

Responsabilité du locataire en cas de dégâts causés par l’animal

Vous hébergez un animal dans votre logement : vous en êtes entièrement responsable. Si votre chien griffe une porte, si votre chat urine sur la moquette ou si votre lapin ronge une plinthe, les réparations sont à votre charge. Le propriétaire peut prélever le montant des dégradations sur le dépôt de garantie lors de l’état des lieux de sortie.

Cette responsabilité ne se limite pas à l’intérieur du logement. Si votre animal cause un dommage dans les parties communes (escalier, ascenseur, hall), votre responsabilité est également engagée. Le propriétaire ne peut toutefois pas vous expulser pour ce seul motif : seule une décision du juge peut prononcer la résiliation du bail, après constat des manquements répétés.

Troubles anormaux de voisinage : nuisances sonores et parties communes

Un animal qui aboie de façon répétée peut constituer un trouble anormal de voisinage. La loi du 15 avril 2024 a inscrit ce principe directement dans le Code civil, ce qui facilite les recours des voisins excédés. Les aboiements entre 22 heures et 7 heures sont particulièrement visés par les tribunaux.

Concrètement, voici ce que vous risquez si votre animal génère des nuisances persistantes :

  • Aboiements de 22h à 7h : trouble anormal caractérisé, poursuites possibles
  • Dépôt de garantie retenu : pour couvrir les dégradations constatées
  • Résiliation par le juge : seul un magistrat peut mettre fin au bail
  • Parties communes dégradées : votre responsabilité est engagée

La meilleure protection reste la prévention : informez votre propriétaire de la présence de votre animal, veillez à son calme et nettoyez systématiquement derrière lui dans les espaces partagés.

Quels animaux sont protégés par la loi ?

Catégorie d’animal Exemples protégés Conditions de détention
Animaux domestiques classiques Chiens, chats Aucune restriction légale
Petits mammifères Lapins, hamsters, furets, rats Détention libre en logement
Oiseaux Perruches, coqs, poules Nuisances sonores à limiter
Équidés Chevaux, poneys Espace adapté requis
NAC réglementés Serpents non venimeux, lézards Déclaration préfectorale obligatoire

L’arrêté du 11 août 2006 fixe la liste officielle des espèces considérées comme domestiques en France. Tout animal figurant sur cette liste bénéficie d’une protection légale : un propriétaire ne peut pas interdire sa présence dans un bail d’habitation, sous peine de voir la clause annulée.

Parmi les 6 espèces de rongeurs et lapins expressément admises comme domestiques, on retrouve le lapin de compagnie, le hamster, le cochon d’Inde, la souris, le rat et le furet. Les oiseaux comme les perruches, les poules et les coqs figurent également sur la liste, tout comme les chevaux et poneys.

Animaux non domestiques : des règles spécifiques

Pour les NAC réglementés, la détention est autorisée mais encadrée. Certaines espèces exigent une déclaration préfectorale ou un certificat de capacité. Les serpents venimeux et les boas constricteurs, eux, sont purement et simplement interdits à la détention par des particuliers.

Autre point important : aucune limite légale ne fixe le nombre d’animaux autorisés dans un logement. Toutefois, si la présence d’animaux en surnombre génère des nuisances pour le voisinage, la responsabilité du locataire peut être engagée, indépendamment du statut protecteur de chaque animal pris individuellement.