Obligation de relogement par la mairie : qui doit reloger en cas de sinistre, péril ou insalubrité ?
La mairie n’a pas à reloger les victimes d’un sinistre privé.
- Aucun texte n’impose le relogement après un sinistre privé.
- Exception : les ERP relèvent du relogement communal.
- Le propriétaire reloge d’abord en cas d’insalubrité ou péril.
- La mairie ou le préfet n’intervient que de façon subsidiaire.
- L’incendie relève du pouvoir de police du maire (L. 2212-2 CGCT), sans droit au relogement.
- L’occupant peut saisir la mairie si le bâtiment est endommagé.
Relogement en cas de sinistre ou d’incendie : ce que la mairie doit vraiment
Quand un incendie ou un sinistre frappe un logement privé, beaucoup de victimes se tournent naturellement vers leur mairie en pensant qu’elle doit les reloger. Or, aucun texte de loi n’impose à la commune de reloger les victimes d’un sinistre survenu dans une propriété privée. La situation mérite donc d’être clarifiée, car elle dépend fortement du type de bien et de l’origine du dommage.
- Pas d’obligation expresse pour sinistre privé : aucune disposition légale ne contraint la mairie à reloger les occupants d’un logement privé sinistré.
- Exception ERP : lorsque le sinistre touche un établissement recevant du public, la commune est tenue d’assurer le relogement des occupants.
- Incendie et pouvoirs de police : l’incendie relève des pouvoirs de police du maire au titre de l’article L. 2212-2 du CGCT, mais ce pouvoir ne crée pas à lui seul un droit au relogement.
- Logement inhabitable : un relogement du locataire reste possible dès lors que le logement est devenu inhabitable et que la structure du bâtiment est endommagée.
- Structure endommagée : si les dommages compromettent la solidité du bâtiment, l’obligation de relogement peut être mise en jeu.
En pratique, la mairie dispose donc d’une marge d’intervention limitée face à un sinistre purement privé. Elle peut agir lorsque la sécurité publique est en jeu, mais elle n’est pas le premier débiteur du relogement : ce rôle revient d’abord au propriétaire ou au bailleur. La suite de la démarche consiste donc souvent à identifier la vraie partie obligée avant de solliciter la commune.
Logement insalubre ou en péril : le propriétaire reloge, la mairie supplée

Face à un logement insalubre ou menaçant péril, la loi est claire : c’est d’abord au propriétaire de reloger les occupants. L’article L. 521-1 du Code de la construction et de l’habitation (CCH) lui impose cette obligation, qu’il s’agisse d’un locataire, d’un sous-locataire ou d’un occupant de bonne foi. Ce même texte organise la protection des occupants, de L. 521-1 à L. 521-4.
Si le propriétaire fait défaut, la mairie ou le préfet prend le relais de façon subsidiaire. Lorsqu’une interdiction temporaire d’habiter est prononcée, le propriétaire ou l’exploitant doit héberger les occupants (CCH L. 521-3-1). Le préfet dispose même de prérogatives de réquisition pour un relogement temporaire (L. 521-3-3).
Autre point essentiel : dès l’application des mesures de l’article L. 184-1, le loyer cesse d’être dû (CCH L. 521-2). Et si un occupant est contraint de renoncer à ses droits, la sanction est lourde : 3 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende (L. 521-4).
Relogement pendant travaux : qui supporte l’hébergement temporaire
Travaux rendant le logement temporairement inhabitable
Lorsque des travaux rendent le logement temporairement inhabitable, l’obligation d’héberger l’occupant pèse en principe sur le propriétaire ou le bailleur. Le locataire ne peut pas être laissé sans solution pendant la durée du chantier : le bailleur doit proposer un relogement temporaire ou une indemnisation couvrant les frais d’hébergement.
Si les travaux sont si lourds que le logement ne peut plus être occupé, le bail peut être résilié. Dans ce cas, aucune obligation de relogement ne s’impose plus au bailleur : le locataire doit se retourner vers son assurance ou trouver lui-même une solution.
- Garantie souvent incluse en MRH : la multirisque habitation couvre fréquemment le relogement pendant travaux.
- Démolition HLM : relogement requis : en cas de démolition d’un immeuble HLM, le bailleur social doit reloger les occupants.
- Travaux structure : relogement requis : quand la structure du bâtiment est affectée, l’hébergement temporaire incombe au bailleur.
- Bail résiliable si inhabitable : le locataire peut obtenir la fin du bail sans pénalité.
- Pas de relogement obligatoire alors : une fois le bail résilié, le bailleur n’a plus à héberger l’occupant.
Garantie relogement et démolition en HLM
La garantie relogement constitue le premier réflexe à vérifier. Une multirisque habitation l’inclut très souvent, alors qu’une simple garantie risques locatifs ne la prévoit pas. Un propriétaire non occupant qui souscrit une assurance PNO ne couvre jamais le relogement du locataire.
En l’absence de toute assurance, le locataire assume seul les frais d’hébergement. Concernant les logements HLM voués à la démolition, le bailleur social est tenu de proposer un relogement adapté aux occupants, y compris lorsque les travaux touchent la structure même de l’immeuble.
Qui paie les frais de relogement : assurance, propriétaire ou occupant
| Type de contrat d’assurance | Garantie relogement incluse | Qui paie le relogement du locataire |
|---|---|---|
| Multirisque habitation | Fréquemment incluse | L’assureur, dans la limite du plafond |
| Garantie risques locatifs seule | Non comprise | Le locataire, sauf recours contre le responsable |
| Assurance propriétaire non occupant | Jamais pour le locataire | Le locataire ou son propre assureur |
| Aucune assurance souscrite | Aucune | Le locataire assume tous les frais |
Lire le contrat avant de compter sur l’assurance
La prise en charge du relogement dépend d’abord de la garantie relogement inscrite au contrat. Une multirisque habitation la prévoit souvent, mais avec un plafond de nuitées et un plafond en euros qu’il faut connaître à l’avance. À l’inverse, une garantie risques locatifs seule ne couvre pas le relogement : elle indemnise le propriétaire, pas le locataire.
Du côté du bailleur, l’assurance propriétaire non occupant (PNO) protège le bien, jamais l’occupant. Le locataire ne peut donc pas s’en prévaloir pour obtenir un hébergement temporaire, même si le logement devient inhabitable.
Qui supporte la facture en dernier recours
En l’absence de garantie ou d’assurance, la charge repose sur l’occupant, qui finance lui-même son hébergement. Il conserve toutefois la possibilité de se retourner contre le responsable du dommage pour réclamer ces frais.
Si le sinistre relève d’un cas de péril ou d’insalubrité, la logique s’inverse : le propriétaire est tenu de reloger les occupants, et la mairie ou le préfet n’interviennent qu’en cas de défaillance.
Bon réflexe : vérifiez le montant et la durée de la garantie relogement avant tout litige, et conservez les justificatifs de frais (hôtel, location temporaire) pour appuyer votre demande d’indemnisation.
Obligation de relogement par la mairie et pouvoirs de police du maire
La mairie n’a aucune obligation légale générale de reloger les victimes d’un sinistre survenu dans un logement privé. Sa compétence repose sur les pouvoirs de police du maire définis à l’article L. 2212-2 du CGCT, qui vise la sécurité et la salubrité publiques. Elle peut donc intervenir, mais son rôle reste subsidiaire : elle supplée la défaillance du propriétaire ou du bailleur.
L’intervention de la commune devient obligatoire dans deux cas précis. D’abord lorsque le propriétaire ne reloge pas les occupants après une mesure d’insalubrité ou de péril : le maire ou le préfet assure alors l’hébergement. Ensuite lorsqu’un établissement recevant du public (ERP) est en cause : la commune doit prendre en charge le relogement des personnes évacuées.
Si la mairie refuse d’agir alors qu’elle en a les moyens, l’occupant peut saisir le tribunal administratif pour faire constater la carence de la commune. Ce recours reste toutefois limité : hors insalubrité, péril ou ERP, aucune obligation expresse de relogement ne pèse sur la mairie après un incendie ou une inondation d’origine privée.
Protection et droits des occupants mis en demeure de quitter le logement
Face à une mise en demeure de quitter les lieux, la loi protège les occupants, qu’ils soient locataires ou non. Le chapitre du Code de la construction et de l’habitation consacré à la protection des occupants s’applique dès qu’une mesure de sécurité impose une évacuation, que le logement soit insalubre, en péril ou frappé d’interdiction d’habiter.
- Occupant de bonne foi protégé : locataire, sous-locataire ou occupant sans titre, tant qu’il n’est pas à l’origine du danger.
- Loyer non dû dès la mesure : dès qu’une interdiction temporaire d’habiter est prononcée, le loyer cesse d’être réclamé à l’occupant.
- Non-relogement fautif : 3 ans d’emprisonnement pour celui qui laisse un occupant sans solution de relogement.
- Amende de 100 000 euros : sanction pécuniaire encourue pour la même infraction de non-relogement.
- Pression sur occupant sanctionnée : contraindre quelqu’un à renoncer à ses droits est pénalement réprimé.
Ce que la loi garantit concrètement
Le mécanisme est simple : dès que la sécurité impose de quitter le logement, le propriétaire ou l’exploitant doit proposer un hébergement correspondant aux besoins de la personne. Le loyer n’est plus dû pendant toute la durée de la mesure, ce qui évite au locataire de payer un logement qu’il ne peut plus occuper.
Les sanctions en cas de manquement
La personne tenue au relogement ne peut pas se contenter d’indemniser ou de laisser l’occupant se débrouiller. Le refus de reloger est une infraction à part entière : elle expose à 3 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Ces peines visent à rendre effective la protection, et non purement théorique.
Si l’on pousse l’occupant à signer un départ sans contrepartie ou à renoncer à ses droits, la sanction tombe également. Ce dispositif vise à empêcher toute forme de pression, qu’elle vienne du propriétaire, d’un intermédiaire ou d’un tiers mandaté.
FAQ : relogement par la mairie, sinistre et insalubrité
La mairie est-elle obligée de reloger les victimes d’un sinistre privé ?
Non, la mairie n’a pas d’obligation légale de reloger les victimes d’un sinistre privé. Elle peut toutefois activer son pouvoir de police et proposer un hébergement d’urgence si les victimes sont en danger.
Le propriétaire doit-il reloger un locataire quand le logement est insalubre ?
Oui, le propriétaire doit reloger son locataire lorsque le logement est déclaré insalubre ou en péril. Il assume l’hébergement temporaire, et la mairie peut suppléer en cas de carence.
Que se passe-t-il si le logement devient inhabitable après un dégât ?
Le logement est considéré comme impropre à l’habitation. Le bailleur doit reloger le locataire ou réduire le loyer, et l’assurance du responsable peut couvrir les frais d’hébergement.
La garantie relogement est-elle toujours comprise dans l’assurance habitation ?
Non, la garantie relogement n’est pas systématique. Elle dépend du contrat souscrit et s’active surtout en cas de sinistre garanti, avec des plafonds et durées variables selon l’assureur.
Un locataire de 65 ans à faibles revenus est-il protégé en cas de vente ?
Oui, un locataire de plus de 65 ans à faibles revenus bénéficie d’un droit de préemption en cas de vente, et le bailleur doit lui proposer en priorité le logement ou un relogement adapté.
