Marchand de biens : statut fiscal, TVA et régimes d’imposition en 2025

Le marchand de biens choisit entre l’IR (BIC) et l’IS selon ses marges.

  • IS à 15 % sur les premiers 42 000 € de bénéfices.
  • Rémunération du dirigeant déductible en société à l’IS.
  • BIC à l’IR suit le barème progressif de l’impôt.
  • SARL, SAS, SASU concernées par l’impôt sur les sociétés.
  • EURL sans option IS imposée dans la catégorie des BIC.
  • Déficit foncier imputable sur le revenu global en IR.

Régimes d’imposition des bénéfices : IR, IS et BIC

Points de comparaison Imposition à l’IR (BIC) Imposition à l’IS
Catégorie d’imposition Bénéfices Industriels et Commerciaux (art. 34 à 35 A du CGI) Impôt sur les Sociétés (IS)
Taux d’imposition Barème progressif de l’IR 25 % (taux normal) ou 15 % (taux réduit sous conditions)
Structures concernées Entreprise individuelle, EURL sans option IS SARL, SAS, SASU, EURL avec option (art. 206-3 du CGI)
Rémunération du dirigeant Imposée dans la catégorie des BIC Déductible du résultat si elle est justifiée
Déficit foncier Imputable sur le revenu global Imputable uniquement sur les bénéfices futurs

Le choix entre l’IR et l’IS détermine directement la fiscalité de vos plus-values. En entreprise individuelle ou en EURL sans option IS, vos bénéfices sont imposés dans la catégorie des BIC à l’impôt sur le revenu. Le taux d’imposition suit alors le barème progressif, ce qui peut s’avérer avantageux si vos revenus restent modérés.

En revanche, opter pour une SARL, SAS ou SASU soumise à l’IS vous permet de bénéficier du taux réduit de 15 % sur les premiers 42 000 € de bénéfices, puis du taux normal de 25 % au-delà. Cette option est souvent privilégiée par les marchands de biens qui réalisent des opérations à forte marge.

Faut-il choisir l’IS pour son activité de marchand de biens ?

L’imposition à l’IS présente un double avantage : la rémunération du dirigeant est déductible du résultat imposable, et les bénéfices non distribués ne supportent qu’un impôt fixe de 25 %. À l’inverse, l’IR permet de bénéficier d’une imposition personnalisée et de la progressivité du barème, mais vos plus-values s’ajoutent à vos autres revenus pour déterminer votre tranche marginale.

Pour les opérations de longue durée avec des charges importantes (travaux, intérêts d’emprunt), l’IS offre souvent une meilleure neutralité fiscale. En revanche, si vous revendez rapidement vos biens avec des marges faibles, l’IR peut s’avérer plus simple et moins coûteux.

La requalification fiscale demeure un risque majeur : si l’administration estime que votre intention spéculative n’est pas démontrée, vos opérations pourraient être requalifiées en gestion de patrimoine privé. Le choix du statut doit donc s’accompagner d’une stratégie de conservation des preuves (annonces, calendrier des ventes, volume d’achats) pour sécuriser votre activité.

Frais de notaire et droits de mutation réduits pour le marchand de biens

marchand de bien fiscalité

Le principal avantage du statut de marchand de biens réside dans la réduction spectaculaire des frais d’acquisition, à l’image des SCPI de plus-value qui capitalisent sur la revente d’actifs décotés. Là où un particulier paie entre 7 et 8 % de frais de notaire dans l’ancien (et 2 à 3 % dans le neuf), le professionnel bénéficie d’un régime dérogatoire très favorable, ramenant ces coûts à 2 ou 3 % du prix d’achat. Cet écart de 5 points représente une économie substantielle, qui améliore directement la rentabilité de chaque opération.

  • Frais particuliers ancien : 7 à 8 % du prix de cession
  • Frais marchand de biens : 2 à 3 % grâce au régime dérogatoire
  • Exonération art. 1115 du CGI : suppression droits de mutation
  • Exonération art. 1594-0 du CGI : suppression droits d’enregistrement
  • Condition impérative : revente du bien sous 5 ans

Ce régime repose sur deux dispositions clés du Code général des impôts. L’article 1115 du CGI permet l’exonération des droits de mutation, tandis que l’article 1594-0 du CGI supprime les droits d’enregistrement, à condition que le bien soit revendu dans un délai maximal de 5 ans. En pratique, le marchand de biens ne paie que les frais d’acte et la rémunération du notaire, soit environ 2 à 3 % du prix, contre 8 % pour un acquéreur particulier.

Pour bénéficier de cet avantage, l’engagement de revendre doit être formalisé dans l’acte d’achat. Le professionnel s’engage expressément à revendre le bien dans le délai légal, faute de quoi l’administration exigera le rappel des droits initialement exonérés, assorti d’intérêts de retard. Ce mécanisme, couplé au régime de la TVA sur marge, constitue le double levier fiscal qui fait toute la rentabilité du métier de marchand de biens.

Calcul du bénéfice imposable : plus-values, charges et rémunération

Cette obligation de revente sous cinq ans s’apparente à une contrainte de liquidité, comparable à celle que l’on retrouve dans la transmission assurance vie, où les capitaux sont souvent immobilisés jusqu’au dénouement du contrat.

Détermination de la plus-value imposable

Le bénéfice imposable d’un marchand de biens repose sur une formule simple : prix de revente − prix d’achat − charges déductibles. C’est cette différence qui constitue la base de votre imposition, qu’elle relève des BIC ou de l’impôt sur les sociétés. Plus votre capacité à justifier des charges est solide, plus votre assiette taxable diminue naturellement.

  • Prix de revente : montant hors taxes de la cession, hors frais d’agence
  • Prix d’achat initial : coût d’acquisition net, tel qu’inscrit dans l’acte
  • Travaux de rénovation : déductibles s’ils sont facturés par des professionnels
  • Frais d’acquisition et de cession : émoluments, publicité, diagnostics obligatoires
  • Impôts et taxes supportés : taxe foncière, intérêts d’emprunt, assurances

Dans la pratique, les charges représentent souvent entre 5 à 10 % du prix de cession pour un bien standard. Conservez précieusement chaque facture : en cas de contrôle, seule une preuve écrite permet de justifier une déduction. La rémunération du dirigeant se calcule quant à elle sur les bénéfices nets, après déduction de l’ensemble de ces charges et des impôts acquittés.

Risques de requalification et protection contre le contrôle fiscal

Le principal danger pour un marchand de biens réside dans la requalification fiscale. Si vous conservez un bien au-delà de 5 ans, l’administration peut considérer que l’intention spéculative n’existe plus et vous faire basculer dans le régime des particuliers. La conséquence est immédiate : vous perdez les droits de mutation réduits et la TVA sur marge, et vous subissez une imposition sur la plus-value des particuliers.

Pour vous protéger, tenez un calendrier précis de vos opérations : dates d’achat, durée de détention, nature des travaux réalisés. L’administration examine aussi le rythme de vos transactions. Un volume élevé d’achats-reventes sur une courte période démontre l’habitude, tandis qu’une seule opération isolée peut être requalifiée si elle révèle une intention spéculative évidente. En cas de doute, faites valider votre situation par un avocat fiscaliste avant de lancer une opération complexe.

Optimisation fiscale et choix de la structure juridique

Le statut de marchand de biens offre un double avantage fiscal majeur : des droits de mutation réduits entre 2 % et 3 % contre 7 à 8 % pour un particulier, et l’application du mécanisme de TVA sur marge qui ne taxe que votre bénéfice. Encore faut-il choisir la bonne structure pour en profiter pleinement.

Choisir entre EI, EURL, SARL, SAS ou SASU

Le choix de la structure détermine votre régime d’imposition et votre niveau de protection. Voici les principales options :

  • EI et EURL : imposition à l’IR, option IS possible pour l’EURL
  • SARL et SAS : imposition à l’IS obligatoire (25 % taux normal, 15 % taux réduit)
  • SASU : imposition à l’IS, souplesse de fonctionnement accrue
  • SCI : exclue de l’activité marchande, réserve ses avantages à la gestion locative

L’EURL avec option à l’IS (art. 206 3 du CGI) constitue souvent le compromis idéal pour débuter : elle combine la simplicité de l’entreprise individuelle avec les avantages de l’IS. La SASU s’impose pour les projets plus ambitieux, notamment si vous envisagez d’associer des investisseurs. Pour les activités importantes, la SARL de famille permet de répartir le capital entre proches tout en bénéficiant du régime des sociétés.

Stratégies de planification fiscale pour maximiser la rentabilité

L’optimisation repose sur la combinaison du régime de la TVA sur marge et des droits réduits. Pour en tirer le meilleur parti, privilégiez l’achat de biens anciens de plus de 5 ans sans rénovation lourde : ils restent éligibles au régime de la marge et vous évitez la TVA sur le prix total.

La durée de conservation est un levier stratégique : le bien ne doit pas être conservé plus de 5 ans pour bénéficier de l’exonération des droits de mutation (art. 1115 et 1594-0 du CGI). Organisez votre calendrier d’achat-revente en conséquence, en gardant une marge de sécurité pour les imprévus. Enfin, la rémunération du dirigeant doit être calibrée : en IS, elle est déductible du résultat imposable, ce qui réduit d’autant la base taxable de 25 %.

Qu’est-ce qu’un marchand de biens ? Statut, critères et obligations

Le métier de marchand de biens consiste à acheter des biens immobiliers pour les revendre rapidement, en réalisant une plus-value à la clé. L’activité porte sur des immeubles, des parts de sociétés immobilières ou encore des fonds de commerce. En France, on recense plus de 30 000 acteurs exerçant cette profession, ce qui en fait un secteur dynamique mais strictement encadré par l’administration fiscale.

Pour être qualifié de marchand de biens, trois critères cumulatifs doivent être réunis. Le premier est le caractère habituel des opérations : l’achat-revente doit être répété, avec un volume et un rythme soutenus. Le second est l’intention spéculative : l’objectif de réaliser un profit à court terme doit être démontrable. Enfin, le délai entre l’achat et la revente doit être court ; au-delà de 5 ans de conservation, le bien bascule hors du régime de faveur et l’opération peut être requalifiée.

  • Achat-revente : biens immobiliers, parts ou fonds de commerce
  • Caractère habituel : nombre, volume et rythme des transactions
  • Intention spéculative : profit recherché à court terme
  • Délai court : conservation inférieure à 5 ans exigée
  • Inscription obligatoire : au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS)

L’inscription au RCS est une obligation légale qui conditionne l’exercice de l’activité. Elle permet d’identifier clairement le professionnel et de le soumettre aux règles des BIC (bénéfices industriels et commerciaux). Sans cette inscription, l’administration peut requalifier les opérations en actes de commerce non déclarés, avec des conséquences fiscales et pénales lourdes.

TVA applicable aux opérations immobilières : marge, rénovation et récupération

Le mécanisme de la TVA sur marge constitue l’avantage majeur du statut : vous ne payez la taxe que sur la différence entre le prix de revente et le prix d’achat, et non sur le montant total de la transaction. Pour en bénéficier, le bien doit avoir été achevé depuis plus de 5 ans et ne pas avoir fait l’objet de travaux lourds. Dans ce cas, la TVA n’est ni facturée à l’acquéreur, ni récupérable sur vos charges.

En revanche, si vous réalisez une rénovation lourde (remise à neuf, surélévation, changement de destination), le régime bascule sur le prix total : la TVA s’applique alors au taux normal et devient récupérable sur l’ensemble des travaux. Pour les rénovations légères, aucun assujettissement n’est à prévoir, sauf pour les immeubles à usage professionnel.

La stratégie la plus répandue consiste à privilégier des biens de plus de 5 ans sans rénovations majeures, ce qui cumule frais de notaire réduits (2 à 3 %) et TVA limitée au seul bénéfice. Cette combinaison optimise sensiblement la rentabilité de chaque opération.