Location-gérance d’un fonds de commerce : le guide complet 2025
Louer un fonds de commerce, c’est confier son exploitation à un tiers.
- Contrat écrit obligatoire selon l’article R144-1.
- Redevance versée par le locataire-gérant au bailleur.
- Durée libre : souvent 1 an avec tacite reconduction.
- Préavis de 3 mois pour résiliation unilatérale.
- Pas de renouvellement obligatoire pour le bailleur.
Qu’est-ce que la location-gérance d’un fonds de commerce ?
Définition et mécanisme de la location-gérance
Le propriétaire d’un fonds de commerce (le bailleur) confie l’exploitation de son activité à un locataire-gérant, qui la fait fonctionner à ses risques et périls, comme on choisit des dimensions benne location adaptées à un chantier. En contrepartie, le locataire verse une redevance au bailleur. Ce mécanisme s’applique aux éléments incorporels (clientèle, enseigne, nom commercial) comme corporels (matériel, équipement).
Le contrat est également appelé « gérance libre ». Il se distingue du bail commercial, qui porte uniquement sur les murs : ici, c’est l’outil de travail complet qui est confié, avec la clientèle attachée au fonds. Cette formule permet au bailleur de tester un repreneur potentiel sans vendre immédiatement, tout en conservant la propriété de son fonds.
Cadre juridique et textes applicables
La location-gérance s’inscrit dans un cadre légal précis, pensé pour protéger les deux parties et l’ensemble des acteurs économiques concernés.
- L144-1 à L144-13 : articles du code de commerce
- Code de commerce : chapitre dédié
- Gérance libre : autre appellation courante
- Distinct du bail : bail commercial non concerné
Le contrat doit être écrit et respecter les formalités de publicité prévues par l’article R144-1. La durée conventionnelle est souvent de 1 an avec tacite reconduction, mais les parties peuvent librement négocier une durée différente. Depuis le 19 juillet 2019, la loi n’impose plus de durée minimale d’exploitation de 2 ans : cette ancienne obligation, qui bloquait certains projets, a été supprimée pour faciliter le recours à ce dispositif, tout comme les seuils 2026 du micro-BIC ont été revalorisés.
Comment se termine la location-gérance d’un fonds de commerce ?

La fin d’un contrat de location-gérance obéit à des règles précises, qu’il s’agisse d’une arrivée à échéance ou d’une décision unilatérale. Voici les différents scénarios possibles pour mettre un terme à la relation entre le bailleur et le locataire-gérant.
- Durée déterminée : fin à échéance Le contrat prend fin automatiquement à la date convenue, sans formalité particulière.
- Tacite reconduction Si les parties continuent d’exécuter le contrat après son terme, il est renouvelé pour une nouvelle période.
- Durée indéterminée : préavis possible Chaque partie peut rompre le contrat à tout moment, sous réserve de respecter un délai de préavis raisonnable.
- Résiliation unilatérale : préavis de 3 mois Le bailleur comme le locataire-gérant peuvent mettre fin au contrat en respectant ce délai, sauf clause contraire.
- Bailleur : pas d’obligation de renouveler À l’échéance, le propriétaire du fonds peut refuser la reconduction sans avoir à motiver sa décision, ni verser d’indemnité.
Dans la pratique, le contrat est souvent conclu pour 1 an avec tacite reconduction. Une attention particulière doit être portée à la clause de résiliation dès la rédaction, afin de connaître précisément les conditions de préavis applicables. Le bailleur conserve par ailleurs un droit de reprise du fonds à son terme, ce qui constitue un levier stratégique pour reprendre la main sur l’exploitation.
Quelles sont les conditions pour louer un fonds de commerce ?
La signature d’un contrat de location-gérance obéit à des règles strictes. Avant de vous lancer, vérifiez point par point les conditions exigées par le code de commerce (articles L144-1 à L144-13). Le non-respect de ces obligations peut entraîner la nullité du contrat ou votre responsabilité solidaire en cas de dettes.
Conditions exigées pour le locataire-gérant
Le locataire-gérant doit impérativement justifier de sa capacité à exploiter le fonds en qualité de commerçant :
– [statut de commerçant exigé] : être majeur et jouir de ses droits civils.
– [immatriculation au RCS obligatoire] : s’inscrire au Registre du Commerce et des Sociétés avant le début de l’exploitation.
– [inscription au RNE requise] : être également répertorié au Registre National des Entreprises.
– [capacité juridique nécessaire] : ne pas être frappé d’une interdiction de gérer ou d’exploiter un commerce.
Conditions à vérifier côté bailleur
Le bailleur (propriétaire du fonds) doit, de son côté, s’assurer de disposer de tous les droits pour confier son exploitation :
– [autorisation propriétaire des murs] : indispensable si le bailleur n’est pas propriétaire des locaux, une clause du bail commercial doit l’y autoriser explicitement.
– [accord du conjoint collaborateur requis] : pour les commerçants mariés, l’accord du conjoint ayant la qualité de collaborateur est obligatoire.
– [accord du conjoint salarié] : le consentement du conjoint salarié de l’entreprise est tout aussi requis.
– [plus de durée minimale d’exploitation] : la loi du 19 juillet 2019 a supprimé l’obligation d’avoir exploité le fonds pendant 2 ans avant de le louer. Le bailleur peut désormais louer son fonds dès son acquisition.
La redevance de location-gérance : montant, TVA et fiscalité
Cette souplesse accrue implique pour le bailleur une vigilance particulière sur la santé financière de son locataire, car la redevance versée constitue souvent un revenu régulier indispensable à son propre équilibre financier. Un suivi rigoureux de cette redevance s’apparente à un véritable pilotage trésorerie, permettant d’anticiper d’éventuels impayés et de sécuriser ses flux de liquidités.
| Élément | Règle applicable | Imposition ou déduction |
|---|---|---|
| Montant de la redevance | Librement fixé par les parties | Redevance fixe ou variable |
| TVA applicable | 20% du loyer fixé au contrat | Facturée par le bailleur |
| Côté bailleur | Redevances imposables en BIC | Imposition sur les bénéfices industriels et commerciaux |
| Côté locataire-gérant | Redevances déductibles du bénéfice imposable | Charge déductible en comptabilité |
| Nature fiscale opération | Pas de cession ni cessation d’activité | Aucune taxation sur la transmission |
Comment fixer la redevance de location-gérance ?
Le montant de la redevance est librement négocié entre le bailleur et le locataire-gérant. Les parties peuvent opter pour un loyer fixe, ou préférer une redevance variable calculée sur le chiffre d’affaires ou les bénéfices du fonds. Une formule mixte un socle fixe complété d’un pourcentage sur les résultats est fréquente pour aligner les intérêts des deux parties.
Cette flexibilité permet d’adapter la redevance à la réalité économique du fonds, notamment lorsque le locataire-gérant démarre son exploitation et que la trésorerie est limitée, à l’image d’une holding pour investir qui mutualise les ressources financières.
Quelles conséquences fiscales pour chaque partie ?
Pour le bailleur, les redevances perçues sont imposables dans la catégorie des BIC (bénéfices industriels et commerciaux), car la location-gérance est une activité commerciale par nature. La TVA de 20% s’applique sur le loyer fixé dans le contrat elle doit être facturée au locataire-gérant et reversée à l’administration fiscale.
Du côté du locataire-gérant, la redevance constitue une charge déductible du bénéfice imposable de son exploitation. Il peut donc la déduire de son résultat comptable, ce qui réduit d’autant son imposition.
Un point essentiel à retenir : la signature d’un contrat de location-gérance ne constitue pas une cession d’activité pour le bailleur. Aucune taxation sur la transmission du fonds n’est donc déclenchée à cette occasion contrairement à une vente classique où des plus-values professionnelles seraient imposables.
Les obligations et responsabilités du bailleur et du locataire-gérant
Le bailleur doit délivrer un fonds exploitable, conforme aux normes d’hygiène et de sécurité. De son côté, le locataire-gérant est tenu d’exploiter le fonds selon sa destination contractuelle. Toute modification d’activité nécessite l’accord préalable écrit du bailleur.
Point de vigilance majeur : le bailleur reste solidairement responsable des dettes contractées par le locataire avant la publication du contrat. Cette responsabilité peut s’avérer lourde. La publicité obligatoire prévue à l’article R144-1 du code de commerce permet de limiter cette exposition et de sécuriser la situation des deux parties.
Comment rédiger et conclure un contrat de location-gérance ?
Rédaction du contrat : mentions obligatoires et conseils pratiques
La rédaction d’un contrat écrit est une obligation légale absolue pour encadrer la location-gérance. Ce document doit être précis et exhaustif pour prévenir tout litige futur entre les parties.
- Contrat écrit obligatoire pour validité juridique
- Identification précise des parties et du fonds
- Durée et conditions de résiliation clairement stipulées
- Montant et modalités de redevance détaillés
- Faire appel à un avocat pour sécuriser
Le contrat doit mentionner la durée de l’engagement, souvent fixée à 1 an avec possibilité de tacite reconduction. Les conditions de résiliation unilatérale, avec un préavis généralement de 3 mois, doivent également être explicitées. La rédaction d’un tel document implique la maîtrise des articles L144-1 à L144-13 du code de commerce, d’où l’intérêt de solliciter un professionnel du droit.
Publicité et formalités de conclusion
Une fois le contrat signé, la publicité du contrat doit être effectuée conformément à l’article R144-1 du code de commerce. Cette formalité est indispensable pour protéger le bailleur contre la solidarité des dettes contractées par le locataire-gérant avant la publication. En pratique, la durée du contrat est généralement d’un an, renouvelable par tacite reconduction, ce qui offre une certaine souplesse aux deux parties tout en maintenant un cadre sécurisé.
Location-gérance et vente du fonds : quelle différence choisir ?
La location-gérance constitue souvent une étape intermédiaire stratégique avant la cession définitive du fonds de commerce. Elle permet au locataire-gérant de tester l’activité réelle, la clientèle et la rentabilité sur une période d’essai, généralement 1 an renouvelable, avant de s’engager définitivement.
Pour le bailleur, ce dispositif offre l’avantage de vérifier la capacité du repreneur à exploiter efficacement le fonds tout en percevant une redevance. À l’inverse, la vente directe transfère immédiatement la propriété et les risques, sans période d’observation. La location-gérance apporte donc une souplesse appréciable pour sécuriser une reprise, mais implique un engagement progressif des deux parties.
