Loi Boutin et loi Carrez : quelle différence et quelle surface appliquer ?
La loi Boutin régit la surface habitable en location, la loi Carrez la surface privative en vente en copropriété.
- Loi Boutin : locations, bail d’habitation, locataire protégé.
- Loi Carrez : ventes de lots en copropriété, acheteur protégé.
- Un même logement peut afficher deux surfaces différentes.
- Boutin exclut plus d’éléments que Carrez au métrage.
- Erreur Carrez : responsabilité du vendeur engagée.
- Boutin et loi ALUR : contestation du loyer si écart supérieur à 5 %.
Loi Boutin et loi Carrez, deux lois aux objectifs opposés
| Loi | Année de création | Surface mesurée | Contexte d’application | Public protégé |
|---|---|---|---|---|
| Loi Boutin | 2009 | Surface habitable | Location (bail d’habitation) | Le locataire |
| Loi Carrez | 1996 | Surface privative | Vente en copropriété | L’acheteur |
Ces deux textes poursuivent des buts bien distincts. La loi Carrez vise à sécuriser les transactions immobilières en garantissant à l’acheteur une information fiable sur la superficie du bien qu’il acquiert. La loi Boutin, quant à elle, cherche à améliorer les rapports locatifs en permettant au locataire de comparer les loyers au prix du mètre carré habitable.
Leur champ d’application diffère donc totalement : la première s’applique uniquement aux ventes de lots en copropriété, la seconde uniquement aux locations soumises à un bail d’habitation. Un même logement peut donc afficher deux surfaces différentes selon qu’il est vendu ou loué.
Autre divergence majeure : les règles de métrage ne sont pas les mêmes. La surface habitable de la loi Boutin exclut davantage d’éléments que la surface privative de la loi Carrez. Un propriétaire qui mesure lui-même son bien pour une location n’obtiendra pas le même résultat qu’un diagnostiqueur certifié intervenant pour une vente.
Enfin, les protections offertes ne se recouvrent pas. La loi Carrez engage la responsabilité du vendeur en cas d’erreur de superficie, tandis que la loi Boutin, renforcée par la loi ALUR, permet au locataire de contester son loyer si la surface réelle s’avère inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée dans le bail.
Comment se calcule chaque surface ?

Éléments déduits de la surface habitable (Boutin)
La loi Boutin retient une définition stricte de la surface habitable. On part de la surface de plancher, puis on retire tout ce qui ne se vit pas au quotidien. La règle est volontairement généreuse pour le locataire : plus la surface retenue est petite, plus le loyer rapporté au m² habitable grimpe, ce qui facilite les comparaisons entre logements.
Concrètement, l’article R. 111-2 du Code de la construction impose de déduire les éléments suivants :
- Murs, cloisons, escaliers : toutes les structures verticales et les escaliers internes sont exclus du décompte.
- Gaines et embrasures : gaines techniques, portes et fenêtres dont la hauteur sous plafond est inférieure à 1,80 m sont retirées.
- Combles, caves, garages : ces espaces ne comptent pas, même s’ils sont attenants au logement.
- Sous-sols et terrasses : exclus par principe, seuls les espaces réellement habitables sont conservés.
À retenir : la surface Boutin sert uniquement au bail d’habitation. Elle ne doit jamais être confondue avec la surface Carrez, plus large dans son périmètre.
Éléments déduits de la surface privative (Carrez)
La loi Carrez applique une logique différente. Elle vise la surface privative d’un lot en copropriété, c’est-à-dire l’espace dont l’acquéreur a l’usage exclusif. Le mesurage se fait après déduction des éléments structurels et des parties communes, mais il reste moins restrictif que la surface habitable.
Les principales déductions Carrez sont les suivantes : les murs, cloisons et gaines, les escaliers, ainsi que les parties communes de l’immeuble (couloirs, cage d’escalier, locaux techniques). En revanche, contrairement à la Boutin, la Carrez conserve les surfaces dont la hauteur sous plafond dépasse 1,80 m, ce qui inclut souvent les combles aménagés.
Conséquence directe : pour un même logement, la surface Carrez est généralement supérieure à la surface Boutin. C’est cette différence qui explique pourquoi un bailleur peut afficher 52 m² Carrez et un locataire mesurer 48 m² Boutin sans qu’aucune des deux valeurs ne soit erronée.
Vente ou location : quelle loi s’applique à votre situation ?
Le réflexe est simple : la loi Carrez concerne la vente, la loi Boutin concerne la location. Encore faut-il identifier précisément le type de bien et l’opération envisagée, car certains cas sortent du champ de ces deux textes.
- Vente d’un lot en copropriété : mesure selon la loi Carrez (surface privative).
- Location vide ou meublée : mesure selon la loi Boutin (surface habitable).
- Maison individuelle : aucune obligation Carrez ni Boutin.
- Bail commercial : régime spécifique, hors champ de ces deux lois.
Pourquoi le contexte change toute la donne
La loi Carrez ne s’applique que lors de la vente d’un lot de copropriété. Une maison individuelle vendue sans parties communes n’est donc pas concernée. À l’inverse, la loi Boutin s’applique à la location d’un logement, vide comme meublé, que le bien soit en copropriété ou non.
Cette distinction protège deux publics différents : l’acheteur d’un côté, le locataire de l’autre. Un même appartement peut donc afficher deux surfaces distinctes selon qu’il est vendu ou loué.
Ce qui déclenche l’obligation
Pour la location, le mesurage Boutin doit figurer dans le bail. Depuis mars, la loi ALUR a renforcé les recours du locataire si la surface réelle s’avère inférieure à celle annoncée. Pour la vente, l’attestation Carrez est annexée à l’acte authentique : sans elle, l’acquéreur peut engager la responsabilité du vendeur.
Rappel utile : dans les deux cas, c’est le propriétaire qui doit fournir la mesure, avec un intérêt évident à la faire réaliser par un professionnel pour éviter tout litige.
Quelles obligations légales et diagnostics obligatoires ?
La loi Boutin impose un mesurage obligatoire de la surface habitable, mentionné directement dans le bail de location. Cette obligation s’applique depuis la mise en place de la loi, avec pour objectif d’améliorer les rapports entre bailleurs et locataires. Le propriétaire peut toutefois mesurer lui-même son bien, même si un diagnostic réalisé par un professionnel reste vivement recommandé pour éviter toute erreur de calcul.
La loi Carrez exige, elle, que l’attestation de surface privative soit annexée à l’acte de vente pour tout lot en copropriété. Ce document doit être signé par un diagnostiqueur certifié. Sans cette attestation, l’acheteur peut remettre en cause la transaction ou réclamer une compensation.
Depuis la loi ALUR de mars 2014, le locataire dispose d’un recours renforcé : si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée au bail, il peut demander une baisse de loyer proportionnelle. Un écart de superficie de 5 % suffit donc à déclencher ce droit pour le locataire.
Qu’est-ce que la loi Boutin (surface habitable) ?
La loi Boutin encadre les rapports locatifs depuis 2009. Elle impose au bailleur de mentionner dans le bail la surface habitable du logement, exprimée en mètres carrés. Cette surface correspond au plancher après déduction des murs, cloisons, escaliers et gaines.
L’objectif est simple : permettre au locataire de comparer les loyers au prix par mètre carré habitable et de vérifier la cohérence du montant demandé. Le propriétaire peut effectuer le mesurage lui-même, mais un diagnostic réalisé par un professionnel reste recommandé pour éviter toute erreur d’appréciation.
Depuis la loi ALUR de mars 2014, le locataire dispose d’un recours si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle inscrite au bail. Il peut alors demander une baisse de loyer proportionnelle à l’écart constaté.
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Qu’est-ce que la loi Carrez (surface privative) ?
La loi Carrez est une loi de 1996 qui impose de mesurer et de déclarer la surface privative d’un lot de copropriété. Elle s’applique uniquement à la vente, jamais à la location. Son but : protéger l’acheteur en lui donnant une information fiable sur ce qu’il achète.
Cette surface privative correspond à la superficie des parties du lot dont le vendeur a l’usage exclusif. Elle se calcule selon des règles de métrage bien distinctes de celles de la surface habitable. Le résultat doit figurer dans une attestation de mesurage, annexée à la promesse ou à l’acte de vente.
Si la surface réelle est inférieure à celle annoncée, l’acheteur peut demander une baisse du prix dans l’année suivant la vente. L’erreur de mesurage engage donc la responsabilité du vendeur. Un diagnostic préalable par un professionnel évite ce type de litige.
Quels risques et sanctions en cas d’erreur de surface ?
Une surface minorée dans un bail ou un acte de vente n’est jamais anodine. Depuis la loi ALUR de mars 2014, le locataire dispose d’un recours concret : lorsque la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle mentionnée au bail, il peut exiger une réduction de loyer proportionnelle au préjudice subi. Un écart de superficie de 5 % suffit donc à déclencher ce mécanisme.
Côté vente, une erreur de métrage Carrez engage la responsabilité du vendeur. L’acquéreur peut réclamer une diminution du prix, voire solliciter l’annulation de la vente si l’écart est significatif. Un mesurage Boutin approximatif est également sanctionnable, car il fausse la comparaison des loyers au prix par mètre carré habitable.
Pour éviter tout litige, mieux vaut faire réaliser un diagnostic de surface préalable par un professionnel, même si le propriétaire peut mesurer lui-même. Cette vérification limite les risques de contentieux et sécurise la transaction comme la relation locative.
