Commission d’attribution logement : rôle, fonctionnement et décisions de la CALEOL
La commission d’attribution est l’unique instance habilitée à désigner les bénéficiaires d’un logement social.
- Pouvoir défini par l’article L.441-2 du Code de la construction.
- Examen d’au moins 3 candidatures par logement vacant.
- Décision prise à la majorité des membres présents.
- Respect strict des plafonds de ressources annuels.
Le rôle de la commission d’attribution de logement
Une instance décisionnaire encadrée par la loi
La commission d’attribution de logement est l’unique instance habilitée à désigner nominativement les bénéficiaires d’un logement social. Son existence et son pouvoir sont strictement définis par l’article L.441-2 du Code de la construction et de l’habitation. Aucun bailleur social ne peut attribuer un logement sans passer par son examen. La commission agit en toute indépendance, mais dans le respect de la politique d’attribution définie par le bailleur et des orientations fixées par les pouvoirs publics.
Sa mission principale consiste à garantir l’équité du processus. En effet, pour chaque logement vacant, elle est tenue d’examiner au minimum 3 candidatures. Cette règle oblige à comparer plusieurs profils et évite qu’une décision soit prise à la va-vite. Elle permet aussi de vérifier que le logement proposé correspond réellement à la composition familiale et aux ressources du candidat, comme l’exigent les articles L.441-1 et suivants.
Des réunions fréquentes pour traiter les demandes
Face à la pression de la demande, les commissions doivent se réunir souvent. C’est le cas par exemple pour l’organisme 13 Habitat, dont la commission d’attribution siège 2 à 3 fois par semaine. Cette cadence soutenue est indispensable pour fluidifier le traitement des dossiers et réduire le délai d’attente. Dans la capitale, l’ampleur de la tâche est encore plus nette : la commission de Paris examine environ 150 dossiers chaque semaine pour arriver à près de 9 000 attributions par an.
Pour tenir ce rythme, chaque séance est préparée en amont. Les membres reçoivent un ordre du jour précis et l’ensemble des pièces des candidatures. La décision finale, qu’elle soit positive ou négative, est prise à la majorité des membres présents ou représentés. Ce fonctionnement collégial garantit la transparence de l’attribution, tout en respectant la confidentialité des informations personnelles des candidats.
Critères d’attribution et conditions d’accès au logement social

Pour prétendre à un logement social, votre situation doit d’abord correspondre aux conditions légales définies par l’article L.441-1 du Code de la construction et de l’habitation. Ces conditions sont principalement liées à vos plafonds de ressources actualisés chaque année au 1er janvier mais aussi à votre composition familiale et à la zone géographique du logement convoité. Une fois votre éligibilité vérifiée, la commission d’attribution examine votre dossier selon des critères de priorité bien précis.
Les conditions légales d’éligibilité
Avant même de passer devant la commission, votre demande doit satisfaire à des critères objectifs. Le non-respect de l’un d’eux entraîne automatiquement le rejet de votre candidature.
- Situation familiale : la taille du ménage doit correspondre au type de logement (T2, T3, etc.).
- Ressources : le total des revenus du foyer ne doit pas dépasser les plafonds annuels en vigueur.
- Zone géographique : les plafonds de ressources varient selon la tension locative de la zone (Paris étant plus élevée que la province).
- Catégorie de logement : certains logements (PLAI, PLUS, PLS) ont des conditions de ressources différentes.
Les critères de priorité examinés par la commission
Votre dossier étant recevable, la commission d’attribution (composée notamment de représentants de la commune et du bailleur) évalue ensuite votre degré de priorité. Elle s’appuie sur le cadre légal et les orientations politiques définies par le bailleur social en toute confidentialité.
- Personnes prioritaires (L.441-1) : victimes de violences, personnes handicapées, mal-logées ou défavorisées.
- Éloignement travail : un temps de trajet excessif entre le domicile actuel et le lieu de travail est un critère majeur.
- Mobilité géographique : rapprochement familial ou mutation professionnelle justifiant une nouvelle implantation.
- Handicap ou logement inadapté : la nécessité d’un logement accessible ou adapté à un état de santé est un motif fort de priorisation.
- Équipements du logement : l’accès aux services essentiels (transports, écoles, commerces) peut influencer la décision.
Composition de la commission : qui sont les membres de la CALEOL ?
Derrière le sigle CALEOL se cache la Commission d’Attribution de Logements et d’Examen de l’Occupation des Logements. Cette instance, encadrée par l’article L.441-2 du Code de l’habitation, est une véritable table ronde où se rencontrent les acteurs clés du logement social. L’objectif est de garantir une décision collégiale et transparente, loin de l’arbitraire.
La composition précise varie selon l’organisme bailleur, mais elle reste structurée autour des mêmes familles d’acteurs :
- Le président et le conseil d’administration de l’organisme bailleur, qui animent la séance et veillent au respect des règles.
- Des représentants des communes et du département concernés, qui défendent les besoins des territoires et de leurs habitants.
- Un représentant du préfet et de l’État, garant de la politique nationale du logement et des attributions préfectorales.
- Le bailleur social (comme 13 Habitat ou les offices HLM), qui présente les dossiers et propose des candidats.
- Un représentant des locataires (ex. Jean-Paul Guilbert), qui apporte la voix des occupants et la connaissance du terrain.
Pour garantir le bon déroulement des séances, organisées 2 à 3 fois par semaine, les commissions prévoient également 6 membres suppléants. Ceux-ci pallient les absences des titulaires et assurent un quorum constant, indispensable à la validité des décisions sur un volume important de dossiers. Le rythme soutenu des réunions et la diversité des profils assurent un examen équitable et efficace des demandes.
Déroulement du passage en commission et étapes du processus
Le déroulement d’une séance d’attribution
Lors d’une séance, la commission examine méthodiquement chaque logement vacant. Pour chaque bien, elle étudie 3 candidatures minimum, sélectionnées au préalable pour leur compatibilité avec le bien. Les membres vérifient point par point que la composition familiale et les ressources du ménage correspondent au logement proposé.
Les réunions ont lieu de 2 à 3 fois par semaine selon les bailleurs, ce qui permet de traiter un volume important de dossiers. À Paris, la commission examine environ 150 dossiers chaque semaine. Le vote s’effectue à la majorité des membres présents ou représentés, dans le respect des orientations de la politique d’attribution du bailleur.
Les étapes clés, de la demande à l’attribution
Le parcours du candidat suit un processus structuré, dont chaque étape est validée par la commission. Voici les principales phases :
- Demande en ligne préalable : constitution du dossier numéro unique départemental
- Entretien avec conseiller clientèle : échange pour affiner le projet et vérifier l’éligibilité
- Sélection par rapport au logement : présélection des dossiers selon les caractéristiques du bien
- Cotation automatique des dossiers : classement par points selon les critères de priorité
- Désignation de trois candidats maximum : présentation en commission par le réservataire
- Décision finale par commission : choix nominatif du locataire parmi les candidats désignés
Une fois la décision rendue, le candidat retenu reçoit une proposition de logement. Il dispose d’un délai de 10 jours pour l’accepter ou la refuser. À la signature du bail, la demande est automatiquement radiée du fichier national.
Les décisions possibles de la commission d’attribution et leurs conséquences
À l’issue de l’examen d’un dossier, la commission d’attribution dispose de quatre issues possibles. Chaque décision entraîne des conséquences précises pour le candidat, qu’il est essentiel de comprendre pour bien appréhender la suite du processus.
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| Décision de la commission | Conséquence pour le candidat | Délai associé |
|---|---|---|
| Attribution simple | Proposition d’un logement adapté | 10 jours pour accepter ou refuser |
| Classement en priorité | Inscription sur liste ordonnée de candidats | Selon position dans le classement |
| Attribution sous condition | Logement octroyé après régularisation du dossier | Variable selon la condition posée |
| Refus motivé | Décision justifiée transmise au candidat | Lettre de refus envoyée sous quelques jours |
Ce qu’implique une décision positive
Lorsque la commission d’attribution désigne un candidat en première position, celui-ci dispose d’un délai de 10 jours pour accepter ou refuser l’offre de logement. En cas de refus sans motif légitime, le dossier peut être dépriorisé pendant 12 mois, comme c’est le cas à Paris. Le candidat suivant classé est alors contacté pour la même offre.
Les recours après un refus
Un refus de la commission ne signifie pas la fin du parcours. Le candidat peut actualiser son dossier et attendre une nouvelle opportunité lors des prochaines réunions, qui se tiennent 2 à 3 fois par semaine dans certains organismes. Il conserve également la possibilité de contester la décision si le refus ne lui a pas été suffisamment motivé ou s’il estime que sa situation prioritaire n’a pas été prise en compte.
Délais d’attente pour un logement attribué par la commission
Les délais à connaître après une décision favorable
Lorsque la commission rend un avis positif, le processus n’est pas terminé pour autant. Plusieurs délais stricts s’enchaînent alors, et il est essentiel de les respecter pour ne pas perdre le bénéfice de la décision.
10 jours pour accepter ou refuser une offre de logement : dès qu’un logement vous est attribué, vous disposez de ce délai pour donner votre réponse définitive. Passé ce délai, l’offre est considérée comme refusée.
12 mois de dépriorisation en cas de refus sans motif valable : si vous refusez une proposition sans raison légitime (ex : mutation professionnelle, rapprochement familial), votre dossier est automatiquement dépriorisé pendant cette durée. Vous restez dans la file d’attente, mais votre candidature passe derrière celles des autres demandeurs.
10 jours de délai de décision après attribution : comme pour la commission d’attribution de la Ville de Paris, certains bailleurs comme Habitats de Haute-Alsace disposent de ce délai pour notifier officiellement leur décision après l’avis rendu.
Pour les dossiers classés en première position, la proposition de logement est ferme : le candidat reçoit une offre sous conditions de ressources, avec un bail à signer dans les délais impartis. La demande est radiée définitivement dès la signature du bail.
Pourquoi l’attente peut-elle être si longue à Paris ?
La situation parisienne illustre parfaitement la tension entre l’offre et la demande de logements sociaux. La commission d’attribution de Paris se réunit chaque semaine et examine environ 150 dossiers par séance. Malgré ce rythme soutenu, les volumes restent disproportionnés : on compte plus de 300 000 demandeurs actifs, dont environ 150 000 Parisiens, pour seulement 9 000 attributions par an parmi lesquelles environ 3 000 sont gérées directement par la Ville de Paris.
Ces chiffres expliquent que le délai moyen d’attente à Paris se compte en années. Dans d’autres zones moins tendues, l’attente est nettement plus courte, car la commission y examine un volume de demandes proportionnellement bien moindre. Cette disparité dépend fortement de la politique locale du logement et du nombre de logements vacants ou neufs mis en service chaque année.
